Un audit SEO, c'est l'état des lieux de votre site avant de toucher à quoi que ce soit : Google connaît-il vos pages, s'affichent-elles vite, répondent-elles à ce que vos clients tapent, et d'autres sites parlent-ils de vous ? Pour le site d'une PME ou d'un indépendant, vous pouvez faire une bonne partie de ce premier tour seul, avec des outils gratuits.
Quand je découvre un site, j'ouvre d'abord Google Search Console. J'y regarde les impressions, le taux de clics et la position de chaque page sur des requêtes précises. En quelques minutes, je vois quelles pages Google montre déjà, et lesquelles n'attirent presque aucun clic.
Trois outils gratuits suffisent pour le faire : Google Search Console, la version gratuite d'Ahrefs et Screaming Frog. Je les utilise étape par étape, du plus urgent au plus fin. Une fois les problèmes trouvés, d'autres outils servent à les corriger, comme Squoosh pour alléger les images.
- Un audit commence par l'indexation : une page que Google ne connaît pas ne peut pas apparaître dans ses résultats
- Search Console, Ahrefs et Screaming Frog couvrent la plus grande partie d'un premier audit, dans leur version gratuite
- Une page vue souvent mais peu cliquée a presque toujours un titre ou une description à revoir
- Si l'audit montre des images trop lourdes, Squoosh les allège : en WebP, une image PNG de 2,5 Mo descend souvent autour de 200 Ko
- Un regard extérieur devient utile quand vous manquez de temps, ou quand les résultats ne viennent pas
Les outils d'audit SEO gratuits
Search Console et Ahrefs demandent de prouver que le site vous appartient, en général en ajoutant un code fourni par l'outil. Comptez quelques minutes par outil. Screaming Frog, lui, s'installe sur votre ordinateur et ne demande pas de compte.
C'est l'outil de Google lui-même. Il montre comment Google explore votre site, quelles pages il garde dans son index, et sur quelles recherches il les affiche. Ses chiffres viennent directement de Google, et c'est pour ça que je commence toujours par lui. Il se trouve sur search.google.com/search-console.
- Le rapport sur l'indexation des pages
- L'inspection d'une adresse précise
- Les requêtes, les clics, les impressions et la position de chaque page
- La vitesse mesurée chez vos vrais visiteurs
La version gratuite d'Ahrefs, appelée Ahrefs Webmaster Tools, analyse les sites dont vous avez prouvé la propriété. Son audit contrôle plus de 170 problèmes techniques et de contenu. Je l'utilise surtout pour cet audit, qui repasse chaque semaine sur le site sans que j'aie à le relancer, et pour voir quels sites font un lien vers le mien.
- Un audit de 5 000 pages par mois et par projet
- Jusqu'à 1 000 liens entrants et 1 000 mots-clés visibles
- Autant de sites que vous voulez, s'ils sont vérifiés
Screaming Frog SEO Spider est un logiciel à installer sur Windows, macOS ou Linux. Il parcourt votre site de lien en lien, comme le robot de Google, et liste chaque page avec son titre, sa description, ses redirections et ses erreurs.
Sa version gratuite explore jusqu'à 500 adresses. Pour un petit site, un site vitrine de quelques dizaines de pages par exemple, elle suffit largement. La licence payante, à 245 euros par an, ne devient utile que pour un gros site, comme une boutique de plusieurs milliers de produits.
- Jusqu'à 500 adresses explorées gratuitement
- Les liens cassés et les redirections
- Les titres et les descriptions manquants, en double ou trop longs
- Aucune vérification de propriété : il explore tout site public
Étape 1 : vérifier que Google connaît vos pages
Tapez site:votre-domaine.be dans la barre de recherche de Google. Vous obtenez une première idée des pages qu'il connaît. Google précise lui-même, dans sa page sur la commande site, que cette liste n'est pas toujours complète, surtout sur un grand site. Prenez-la comme un premier coup d'œil.
Pour une réponse fiable, ouvrez le rapport sur l'indexation des pages dans Search Console. Il sépare les pages « indexées » des pages « non indexées », et donne la raison pour chaque groupe : une balise qui demande de ne pas indexer la page, une page en double, une adresse introuvable. Une page non indexée n'est pas forcément un problème. Une ancienne adresse redirigée, par exemple, n'a pas à y figurer.
Vérifiez surtout que vos pages importantes sont bien dans l'index : l'accueil, chaque page de service, la page contact. Si l'une d'elles manque, collez son adresse dans la barre d'inspection en haut de Search Console. L'outil vous dit si Google peut l'indexer, et vous permet de demander son indexation.
Regardez ensuite deux fichiers qui aident Google à s'y retrouver. Le sitemap liste les pages de votre site : dans Search Console, le rapport Sitemaps doit afficher « Opération effectuée ». S'il est vide, demandez l'adresse de votre sitemap à la personne qui gère votre site et ajoutez-la dans ce rapport. Le fichier robots.txt, lui, dit aux robots ce qu'ils peuvent explorer. Ouvrez votre-domaine.be/robots.txt : une ligne Disallow: / sous User-agent: * interdit l'exploration de tout le site. Si vous la voyez, faites-la retirer.
Étape 2 : mesurer la vitesse et repérer les erreurs techniques
Collez l'adresse de votre page d'accueil dans PageSpeed Insights, l'outil de mesure de Google. Regardez d'abord le résultat mobile : c'est souvent là que le score est le plus bas. Google publie trois repères, qu'il appelle les Core Web Vitals.
| Ce qui est mesuré | Le nom chez Google | Bon résultat |
|---|---|---|
| Le temps d'affichage du plus gros élément de la page | LCP | 2,5 secondes ou moins |
| Le délai de réaction après un clic ou un appui | INP | Moins de 200 millisecondes |
| Les sauts de mise en page pendant le chargement | CLS | Moins de 0,1 |
L'audit d'Ahrefs, ou une exploration avec Screaming Frog, complète cette mesure. Chacun liste les liens cassés, les redirections en chaîne, les pages trop lourdes ou sans titre. Triez la liste par importance : une page introuvable vers laquelle votre menu renvoie passe avant une image sans texte alternatif.
Ouvrez aussi votre site sur votre téléphone. Google explore et classe les sites à partir de leur version mobile : un texte trop petit, un menu qui ne s'ouvre pas ou un bouton difficile à toucher gênent vos visiteurs, et c'est cette version que Google lit. Vérifiez enfin que l'adresse commence par https et que le navigateur n'affiche aucun avertissement de sécurité.
Une correction rapide : alléger les images avec Squoosh
Quand une page est lente, je regarde d'abord les images. Une photo sortie d'un appareil ou d'un téléphone pèse souvent plusieurs mégaoctets, alors qu'elle s'affiche dans un cadre de quelques centaines de pixels.
Pour corriger ce que l'audit a trouvé, j'utilise Squoosh, une application gratuite publiée par l'équipe Chrome de Google. Elle compresse vos images directement dans le navigateur, sans installation ni compte, et d'après sa page officielle, elles ne sont pas envoyées sur un serveur :
- Ouvrez squoosh.app et glissez votre image dans la fenêtre.
- À droite, choisissez le format WebP.
- Réduisez la largeur à celle de l'affichage sur votre site, grâce à l'option de redimensionnement.
- Baissez la qualité, puis faites glisser le curseur de comparaison sur l'image : arrêtez-vous avant que la différence se voie.
- Téléchargez l'image et remplacez l'ancienne sur votre site.
Avec cette méthode, une image PNG de 2,5 Mo descend souvent autour de 200 Ko. Google annonce qu'une image WebP sans perte pèse déjà 26 % de moins qu'un PNG. En acceptant une légère compression, comme dans mon exemple, le gain est bien plus grand. Une image plus légère consomme aussi moins de ressources, un point que je développe dans mon article sur l'éco-conception web.
Étape 3 : relire les titres, les descriptions et les pages
C'est la partie à laquelle je consacre le plus de temps, parce qu'elle se corrige vite et qu'elle change ce que les gens voient dans Google. Le titre et la description d'une page, les balises title et meta description, forment le petit encart qui s'affiche dans les résultats.
Dans Search Console, ouvrez le rapport Performances, cliquez sur l'onglet Pages, puis sur une page pour voir les requêtes qui l'affichent. Une page vue des centaines de fois mais très peu cliquée a presque toujours un titre ou une description qui ne correspond pas à ce que la personne cherchait. À l'inverse, une page qui a déjà un bon taux de clics vous montre le ton qui fonctionne : inspirez-vous-en pour les autres.
Les 60 caractères pour un titre et 160 pour une description sont des repères. Google mesure l'espace disponible en pixels, coupe un titre trop long et réécrit parfois ceux qui ne décrivent pas bien la page, comme il l'explique dans sa page sur les liens de titre.
Pour relire tous vos titres d'un coup, lancez une exploration avec Screaming Frog. L'onglet consacré aux titres de page les liste tous, et ses filtres isolent ceux qui manquent, ceux qui sont en double et ceux qui sont trop longs. L'onglet des descriptions fonctionne de la même façon. Sur un site vitrine, ce tableau tient sur un écran, et vous voyez tout de suite les pages à reprendre.
Profitez de la même exploration pour regarder les titres H1, le grand titre visible en haut de chaque page. Screaming Frog leur consacre aussi un onglet : chaque page importante devrait en avoir un, qui dit clairement de quoi elle parle. Vérifiez ensuite que chacune est accessible depuis le menu ou depuis une autre page de votre site. Une page vers laquelle aucun lien ne mène, Google la trouve difficilement.
Si votre site affiche des données structurées, pour des produits, des événements ou des avis par exemple, passez une de ces pages dans le test des résultats enrichis de Google. Il vous dit si le balisage est lisible, et quelles erreurs corriger.
Dans le même rapport, cherchez une requête importante pour vous et regardez combien de pages l'affichent. Si deux de vos pages se disputent la même recherche, Google hésite entre elles, et aucune ne se classe aussi bien qu'elle le pourrait. Il faut alors décider laquelle garde le sujet.
Étape 4 : contrôler votre présence locale
Si vos clients viennent de votre région, votre fiche Google d'établissement compte autant que votre site. Vérifiez qu'elle est complète : la bonne catégorie, les horaires, des photos récentes, et des réponses à vos avis.
Comparez ensuite le nom, l'adresse et le téléphone affichés sur la fiche et sur votre site. Ils doivent être identiques. Sur mon propre site, j'indiquais Thorembais-Saint-Trond, une section de Perwez, alors que ma fiche Google disait Perwez. Pour Google, c'étaient deux localités différentes : j'ai tout aligné sur Perwez. Si vous partez de zéro, mon guide de la fiche Google d'établissement reprend chaque réglage.
Étape 5 : regarder qui fait un lien vers votre site
Un lien depuis un autre site vers le vôtre, un backlink, compte pour Google comme une recommandation. Dans la version gratuite d'Ahrefs, la liste des liens entrants de votre site vérifié vous montre qui vous cite.
Posez-vous trois questions en la parcourant. Combien de sites différents font un lien vers vous ? Ces sites ont-ils un rapport avec votre métier ou votre région ? Et certains vous paraissent-ils étranges, sans contenu réel ou dans une autre langue ? Les liens qui comptent pour une PME sont souvent simples à obtenir : votre union professionnelle, votre commune, vos fournisseurs, la presse locale.
Méfiez-vous des offres qui vous proposent d'acheter des liens pour grimper : les règles de Google contre le spam les interdisent. J'explique comment repérer ce genre de promesse dans mon article sur les arnaques à la première place sur Google.
- Vos pages importantes figurent dans le rapport d'indexation de Search Console
- Le rapport Sitemaps affiche « Opération effectuée », et le robots.txt ne bloque pas le site
- Le site s'affiche bien sur téléphone, en https, sans avertissement
- Sur mobile, PageSpeed Insights donne un LCP de 2,5 secondes ou moins, un INP sous 200 millisecondes et un CLS sous 0,1
- Aucun lien cassé dans le menu ni dans les pages
- Les grandes images sont compressées et à la bonne largeur
- Chaque page a un titre et une description qui lui sont propres
- Les pages vues souvent mais peu cliquées ont un titre retravaillé
- Chaque page importante a un H1 clair, et au moins un lien qui mène à elle
- Deux de vos pages ne se disputent pas la même recherche
- La fiche Google est complète, avec les mêmes coordonnées que le site
- Les liens entrants viennent de sites réels, liés à votre métier ou à votre région
Après l'audit : par où commencer, et quand recommencer
Avant de corriger quoi que ce soit, notez vos chiffres des trois derniers mois dans Search Console : clics, impressions et position moyenne. C'est votre point de départ. Sans lui, vous ne saurez pas dans six mois ce que vos corrections ont changé.
Je traite ensuite les problèmes dans cet ordre :
- Ce qui empêche Google de voir vos pages : une page importante non indexée, un robots.txt qui bloque, un site sans https.
- Ce qui se corrige vite et se voit dans les résultats : les titres, les descriptions, les images trop lourdes.
- Le contenu des pages et votre fiche Google.
- Les liens entrants, qui se construisent sur la durée.
Je conseille de refaire un audit complet six mois plus tard, pour voir comment le site a évolué depuis le précédent, ou au plus tard un an après. Le refaire tous les deux mois n'a pas de sens : le SEO prend du temps, et l'effet d'une correction ne se voit pas tout de suite dans les résultats. Entre deux audits, un coup d'œil mensuel à Search Console suffit pour repérer une chute brutale.
Ce que vous pouvez faire seul, et ce qui demande un regard extérieur
| Étape | Seul, avec les outils gratuits | Un regard extérieur aide quand |
|---|---|---|
| Indexation | Commande site: et rapport d'indexation de Search Console | Des pages importantes restent exclues sans raison claire |
| Vitesse | La mesurer avec PageSpeed Insights, puis alléger les images avec Squoosh | La lenteur vient du thème, des extensions ou de l'hébergement |
| Titres et descriptions | Le rapport Performances de Search Console, et la liste complète dans Screaming Frog | Le site compte des centaines de pages |
| Pages en concurrence | Les repérer dans Search Console | Il faut choisir quelle page garder et quoi rediriger |
| Fiche Google | Compléter et comparer les coordonnées | La fiche est suspendue ou existe en double |
| Liens entrants | Lire la liste dans Ahrefs | Un lien vous semble douteux, ou vous voulez en obtenir d'autres |
Quand faire appel à un professionnel, et à quel prix ?
Deux situations reviennent chez les personnes qui me contactent : elles n'ont pas le temps de s'en occuper, ou elles ont déjà corrigé ce qu'elles pouvaient et les résultats ne viennent pas.
Les outils gratuits trouvent les problèmes. Un audit professionnel les classe : par quoi commencer, ce qui peut attendre, ce qui ne vaut pas l'effort pour votre activité. Mon rapport dit ce qui va, ce qui ne va pas, et par quoi commencer, sans jargon.
Mon audit démarre à 300 euros hors TVA. Le prix dépend surtout de la taille du site : quelques pages de présentation demandent beaucoup moins de travail qu'un catalogue de milliers de produits. Pour comparer, les prestataires belges annoncent de 200 à 2 000 euros pour un audit ponctuel. Si vous hésitez entre un audit unique et un suivi au mois, je compare les deux dans mon article sur l'abonnement en référencement naturel, et je décris ma façon de travailler sur la page de mon accompagnement en référencement.
Questions fréquentes
Quel est le tarif d'un audit SEO en Belgique ?
Les prestataires belges annoncent en général de 200 à 2 000 euros pour un audit ponctuel, selon la taille du site et la profondeur de l'analyse. Mon audit démarre à 300 euros hors TVA, et le prix dépend surtout du nombre de pages. Vérifiez toujours si un montant est annoncé hors TVA ou TVA comprise.
Quel est le meilleur outil SEO gratuit ?
Google Search Console, parce que ses données viennent de Google lui-même : les pages indexées, les requêtes, les clics, les impressions et les positions. Je le complète avec la version gratuite d'Ahrefs pour l'audit technique et les liens entrants, et avec Screaming Frog pour relire tous les titres d'un petit site.
Comment faire un audit SEO de son site soi-même ?
Suivez cinq étapes dans l'ordre : vérifiez que Google connaît vos pages, mesurez la vitesse du site, relisez les titres et les descriptions de vos pages, contrôlez votre fiche Google, puis regardez quels sites font un lien vers le vôtre. Search Console, PageSpeed Insights et les versions gratuites d'Ahrefs et de Screaming Frog suffisent pour ce premier tour.
Combien de temps prend un audit SEO ?
Cela dépend surtout de la taille du site. Pour un site de plusieurs milliers de produits, mon client a reçu l'audit une semaine après sa demande. Un site vitrine de quelques pages demande nettement moins de temps.
À quelle fréquence faire un audit SEO ?
Je conseille de refaire un audit complet six mois après le précédent, pour voir comment le site a évolué, ou au plus tard un an après. Le refaire tous les deux mois n'a pas de sens : le SEO prend du temps, et l'effet d'une correction ne se voit pas tout de suite dans les résultats.
Un audit SEO gratuit en ligne suffit-il ?
Pour un premier tour, souvent oui. Les audits automatiques repèrent bien les liens cassés, les titres manquants ou les pages lentes. Ils ne savent pas quelles corrections comptent le plus pour votre activité, ni par où commencer. Si vous manquez de temps ou si les résultats ne viennent pas, un regard extérieur vous en fera gagner.
Sources
Pages consultées le 1er novembre 2026.
- Google Search Central, Comment utiliser l'opérateur de recherche « site ».
- Aide Search Console, Rapport sur l'indexation des pages.
- Google Search Central, Comprendre les métriques Core Web Vitals et les résultats de recherche Google, mise à jour du 18 décembre 2025.
- Google Search Central, Influencer vos liens de titre dans les résultats de recherche, mise à jour du 18 décembre 2025.
- Google for Developers, Un format d'image pour le Web (WebP).
- Aide Search Console, Rapport sur les sitemaps.
- Google Search Central, Présentation du fichier robots.txt, mise à jour du 18 décembre 2025.
- Google Search Central, Indexation orientée mobile : bonnes pratiques, mise à jour du 20 février 2026.
- Google, Test des résultats enrichis.
- Google Search Central, Règles concernant le spam pour la recherche Google.
- Google Chrome Labs, Squoosh, dépôt officiel.
- Ahrefs, Ahrefs Webmaster Tools, limites de la version gratuite.
- Screaming Frog, SEO Spider et tarifs.
